jeudi 22 juin 2006

Privilège peu flatteur

Edition 1, numéro 3


Dans la langue liste des domaines où la Tunisie tient les premières places mondiales, on peut aisément rajouter le privilège d’avoir « l’opposition la plus bête du monde ». Bien évidemment loin de moi l’idée de mettre en cause leurs capacités intellectuelles ou leurs équilibres psychologiques en doute, quoi que des fois on a légitimement le droit de le faire, mais il est question dans cette affirmation d’une bêtise politique et idéologique qui dépassent des fois les limites de la tolérance humaine.

Bien des choses ont changé en Tunisie depuis 50 ans : le régime, les mœurs, les sciences économiques, internet, la mondialisation et surtout les besoins des tunisiens. Notre opposition ? Elle n’a pas tellement changé dans les faits ! S’il existait en Tunisie un musée de la préhistoire, l’opposition tunisienne y tiendrait une place de faveur. On pourrait alors y observer des faucilles de Marxistes, Trotskistes, Léninistes, Maoïstes, des national-socialistes et que sais-je encore comme vestiges d’un passé pas très glorieux.

De ces vestiges, l’opposition « révolutionnaire », a gardé quelques reliques linguistiques de « la grande époque glorieuse ». Cette opposition ne défont pas des idées, elle ne se mobilise guère pour des opinions. Trop banal ! Elle mène des « combats » ! Comme s’ils venaient de battre avec le Che les sentiers de la compagne sud-américaine. On regardant de plus prêt ils sont aussi inoffensifs qu’un manche à balai contre un porte-avion ! A la première bousculade ils crient aux « tabassages en règle » et aux « agissements barbares ».

La palme revient à l’une de ces reliques qui crie à l’harcèlement et appelle à l’aide internationale dès qu’un passant s’attarde trop devant chez lui. Un autre, baathiste récemment reconverti dans le libéralisme alimentaire, un peu plus téméraire, appelle aux manifestations publiques sur les chaines de télévisions. Manifestations dans les- quelles il est le premier absent ! Quel culot diront les uns. Moi je dis que c’est une bonne manière de se répartir le boulot ! A lui les appels pompeux à la télé, aux tunisiens la matraque et les coups de pompes. Logique surtout pour un ancien collectiviste convaincu. Le rêve révolutionnaire de ces apparatchiks de salon refuse de mourir. Au sein de ces pseudo-formations politiques existe surement les derniers avatars vivants de la folie communiste.

L’existence de cette gauche révolutionnaire est encore présente dans les esprits des ces doux rêveurs. Le pire c’est qu’ils ont pour exemple une autre anomalie historique : la gauche française. Alors que tous les autres partis de la gauche européenne ont définitivement fait la paix avec l’économie de marché et montrent partout en Europe un pragmatisme insolent, la gauche tunisienne, à l’instar de sa grande sœur française, pense faire face aux défis actuels en renforçant le rôle de l’état. On sentirait pratiquement une pointe de nostalgie pour la folie collectiviste de Ben Salah !

Un certain « astre », pas très visible, appelait à l’indulgence et au soutien pour ces anomalies. Et de quelle manière ? En admettant tous ce qu’on vient de porter à leurs griefs. Par un raisonnement par l’absurde, il explique que bien qu’archaïques, bien qu’ils n’aient rien de démocratique dans leurs fonctionnements et encore bien qu’ils ne représentent absolument rien dans l’opinion populaire, c’est pourtant dans leurs seins que les jeunes militants pleins de bonnes volontés pourront aider leurs pays à trouver la voie du changement ! Alors maintenant, avant de changer le pays, il faut au paravent changer l’opposition ! Voila un chantier qui s’annonce encore plus difficile.

En suivant ce résonnement, et si ni l’archaïsme ni l’esprit totalitaire ne doivent dissuader les bonnes volontés d’intégrer un parti politique, il serait alors plus judicieux d’intégrer directement les rangs du RCD, le parti au pouvoir. Si pour changer le pays il faudrait au paravent changer ses partis politiques, l’acharnement thérapeutique serait plus judicieux sur un corps malade, mais encore en vie, que sur un cadavre.


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SOMMAIRE

EDITORIAL .................................................page 2

ACTUALITES

- L’alcool en Tunisie : phénomène de société ou problème de santé publique
Selma Alouani & Chiheb Lakhoua..........................page 3
- « Abus », « dépendance », c’est quoi la différence ?
Leila Fourati.......................................page 7
- L’islam et la consommation d’alcool
Walid Snoussi...........................................page 9

AFFAIRES INTERNATIONALES

- Bouteflika nomme un conservateur à la tête de son gouvernement
Malek Khadhraoui...........................................page 10
- Les femmes et les enfants oubliés de « la charte » de Bouteflika
Leila Fourati..............................................page 11
- Algérie : Des associations contre « la loi du silence »
Selma Alouani......................................page 12

REFLEXIONS ET OPINIONS

- Libéralisme : Le double avantage
Malek Khadhraoui..................................page 14
- Pour un retour aux sources libérales de l’Islam
Walid Snoussi.....................................page 17

HISTOIRE ET CIVILISATIONS

- Hannibal à Las Vegas
Hédi Dridi.......................................page 18

CULTURE

- Entretien avec le jeune réalisateur Najib Belkadhi
Hind Charbeji....................................page 20
- Fadhel Jaïbi fait honneur au théâtre tunisien..........page 21
- Paris s’offre un nouveau musée
Chiheb Lakhoua.......................................page 22

SPORTS HORIZONS

- L’argent et la morale sportive
Emine Laribi.......................................page 23

PINCE-SANS-RIRE

- une solution ! Oui mais à quel problème ?
Zahwa.........................................page 24

Pour lire la suite : Le Libre Tunisien

Bonne lecture.

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